Comment créer un programme d'entraînement pour vos athlètes
Méthode pas à pas pour les coachs : évaluer, structurer, programmer et suivre un plan d'entraînement que vos athlètes suivront vraiment.
La plupart des programmes d’entraînement échouent pour une raison banale : ils ont été écrits pour un athlète idéal qui s’entraîne cinq fois par semaine, dort huit heures et ne se lasse jamais. L’athlète réel a un travail, une épaule qui tire et une salle avec un seul rack de squat. Voici une méthode qui part du réel.
1. Commencez par une évaluation
Avant d’écrire la moindre série, répondez à trois questions :
- Où en est l’athlète ? Testez les mouvements qui comptent pour son sport, et notez les limites techniques, pas seulement les chiffres.
- Où veut-il aller ? « Prendre 10 kg au squat d’ici décembre », c’est un objectif. « Devenir plus fort », c’est un souhait.
- Que peut-il faire réellement ? Jours disponibles par semaine, matériel, blessures passées, sommeil, stress.
Écrivez les réponses. Vous les réutiliserez à chaque bilan, et dans six mois elles trancheront les débats sur l’efficacité du programme.
2. Choisissez une structure
Les programmes qui fonctionnent suivent presque tous quelques modèles :
- Progression linéaire : un peu plus de charge ou de volume chaque semaine. Ennuyeux, et exactement ce dont un débutant a besoin.
- Périodisation ondulée : intensité et volume varient au sein de la semaine (jours lourd, léger, moyen). Bien adapté aux intermédiaires.
- Périodisation par blocs : des blocs de 3 à 6 semaines dédiés à une qualité à la fois, pour les athlètes avancés avec une date de compétition.
Choisissez la structure la plus simple qui correspond au niveau de l’athlète. Un intermédiaire sur un plan par blocs sophistiqué ne progresse pas plus vite que sur une simple vague hebdomadaire ; il a juste plus de choses à suivre.
3. Programmez les séances
Pour chaque séance, définissez le travail principal (un à trois exercices directement liés à l’objectif, avec séries, répétitions, charge ou RPE, et temps de repos), puis le travail accessoire qui cible les points faibles repérés à l’évaluation.
Surveillez ensuite la dose hebdomadaire totale par groupe musculaire ou schéma moteur. Les stagnations que j’ai vues venaient presque toujours d’un volume monté trop vite, rarement d’un manque de travail.
Soyez explicite sur les temps de repos et le tempo quand ils comptent. « 3×8 squat » veut dire dix choses différentes pour dix athlètes différents.
4. Livrez-le dans un format utilisable
Un programme enterré dans un onglet de tableur ou un PDF finit ignoré. L’athlète doit pouvoir ouvrir la séance du jour sur son téléphone, à la salle, en deux clics, et noter ce qu’il a réellement fait. Si noter demande un effort, il arrêtera au bout de deux semaines et vous coacherez à l’aveugle.
5. Suivez et ajustez
Le programme du jour 1 est une hypothèse. Pour la valider il vous faut les chiffres (charges et répétitions réalisées, à chaque séance) et les signaux : effort perçu, douleurs, sommeil, motivation. Un court formulaire de suivi après chaque séance suffit pour les signaux.
Faites un bilan toutes les trois ou quatre semaines. Si la progression stagne deux semaines de suite, changez la dose ou le choix d’exercices. Une chose à la fois, pas tout d’un coup.
Et le tableur ?
Tout cela peut se gérer dans un tableur, et beaucoup de coachs le font. Ça tient la route jusqu’à cinq athlètes environ. Au-delà, les copier-coller, les versions qui se mélangent et les messages « tu as rempli tes résultats ? » commencent à manger vos soirées.
C’est cet agacement qui a donné naissance à Fitimyze. Vous écrivez le programme une fois, chaque athlète reçoit un lien privé (pas de compte de son côté), et les résultats et réponses de suivi arrivent sur votre tableau de bord au fil des séances.